N’est pas français...
« Impossible is nothing » diront nos voisins d’outre Manche pour ne pas dire d’Atlantique.
« Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.... » dixit Marcel Pagnol.
Impossible n’est pas une vérité, c’est une opinion.
Et je ne la partage pas.
À mon humble avis, comme on dit souvent, impossible est un constat qui se dilue dans le temps.
Combien de choses qui vous étaient impossibles hier se font aujourd’hui avec la plus grande simplicité ?
Je vais donc suivre le conseil d’un autre grand philosophe :
« N’essaie pas, fais le ou ne le fais pas »
Maître Yoda
En avant donc pour casser la barre des 10 en 2010…
Et comptez sur moi pour ne pas monter à 11 en 2011…
C'était la minute motivante du jour...
jeudi 4 mars 2010
mardi 2 mars 2010
ÂPRE APREMONT....
Hier soir, réglage du réveil à 6h.
Une bonne grosse heure de route pour aller au golf, une heure de practice et quelques minutes de relaxation pour faire des photos, ajoutez à cela la phase pour passer d’ours mal léché à joueur de golf poli et ça donne ce calcul poussé : mettre le réveil à 6h pour un départ à 10h08.
Donc ce matin j’ouvre un œil et j’admire ce superbe ciel bleu.
Ciel bleu à 6h ?
Ça colle pas ça…
En effet, il est 8h13 c’est plus logique un ciel bleu à cette heure là.
8h13 ?!?!?!!!!!!
Oh p… !!!!!!!!!!!!!!!!
Je passe sur les détails qui m’ont fait arriver dans la voiture en tenue de golf avec le matériel 17 minutes plus tard mais je vous assure que les chats et ma chère et tendre en sont encore à se demander si je suis vraiment normal…
Pascal, mon amidversaire du jour accepte gentiment de différer le départ de 20mn, je peux donc taper quelques balles.
Tiens le distributeur ne fonctionne pas…
Bon, seau, practice, promenade version « à la recherche des œufs de Pâques » et en avant.
Ça part bien, je ne suis pas assez caféiné mais qu’à cela ne tienne, j’avais pris la fessée sur l’Albatros l’an dernier, je suis déjà préparé pour une seconde…
5 coups rendus, Pascal est 6 d’index, régulier et calme, le joueur que l’on ne veut pas avoir dans l’équipe adverse donc.
Apremont est un golf splendide, il a bien résisté à l’hiver, ses greens sont rapides mais quelques fairways absorbent les balles qui viennent de trop haut, il va falloir être attentif.
Et il y a des arbres.
Plein.
Partout.
Départ blanc, en avant !
Un coup rendu au 1, par4 de 400m, honneur à Pascal.
Tiens pourquoi il va dans les branches à gauche ?
Un point commun, une heure de practice avant un parcours est nécessaire pour lui aussi.
Je me lance, le driver passe bien, fer7 à suivre. Bunker de green…pascal est revenu sur le green en 4, j’ai toujours mon coup d’avance, c’est l’occasion rêvée de le perdre avec un bon top au 60° qui part direct dans la forêt de l’autre coté du green. Ma balle, sans doute pour ne pas me décourager de suite, tape un tronc et revient dans le rough. Ça se finit en double bogey, square sur le 1.
Le 2, un bon par5 de 490m (j’arrondis) en dog leg gauche appuyé, c'est-à-dire qu’au bout de 200m, l’architecte s’est rendu compte qu’il allait traverser un autre fairway, à gauche toute à 90°…
Je gratte mon bois3, souvenir du mauvais départ lors de ma première visite, je slice mon 20°, ça c’est nouveau, fer6 un peu mou, 60° en bord de green, c’est pas trop tôt !
2 putts, un autre double bogey mais en match play et ce n’est pas une excuse, c’est vrai, le score ne doit pas être prit en compte, seul compte le fait de faire mieux que l’autre…
En l’occurrence, je ne fais pas mieux, 1 down donc.
Ah un par3 au 3, on va souffler.
178 m, ah non, on ne souffle pas.
H4, green, ouf, la balle de Pascal est dans la butte, car bien sur le green est sur une butte sinon c’est pas drôle…
Il fait une approche putt de toute beauté, je fais deux putts, square sur le trou il conserve l’avantage.
Un nouveau par5 au 4 de 500m, ça double dog leg en plus histoire de corser le jeu. Pascal part à droite sous quelques arbres restés sur le fairway et prit d’une empathie soudaine, je décide de le rejoindre. Après deux coups de 20° pas trop mauvais je suis encore à devoir jouer un PW pour atteindre le green. Pascal galère dans son coin lui aussi, square sur le trou encore, pas très bien négocié, surtout que j’avais un coup rendu sur celui là…
Vient un par4 de 370m, en dog leg aussi, enfin si on part du fait qu’il faut éviter la forêt qui déborde sur une grosse partie du fairway. Forêt que j’évite bien grâce à un superbe slice qui m’oblige à prendre le H4 en second coup puisque le vent a une fâcheuse tendance à se lever et à s’engouffrer dans ces larges couloirs bordés d’arbres que j’appelle fairway depuis le début. Approche putt pour finir square sur le trou, toujours 1 down.
Bon, le niveau de jeu n’est pas géantissime mais le beau temps fait oublier bien des choses et l’ambiance est, elle aussi, au beau fixe alors ne boudons pas.
Un nouveau par4 de 316m, on voit le drapeau depuis le tee de départ, grande nouveauté ! Pascal doit être gêné par cette droiture fortuite et va dans la forêt à droite. Je fais mon premier par avec drive suivi d’un PW avec deux putts, nous voila all square.
Au 7, par4 de 388m en léger dog leg droit, j’ouvre le bal avec deux balles. Une dans la forêt à droite et une provisoire dans le fairway d’à coté à droite aussi. Un fer6 pour revenir sur le fairway, un PW dans le bunker de green, une sortie mais deux putts, Pascal n’en a pas profité, on reste à égalité.
Un par3 de 150m qui traverse un lac, vent qui pousse un peu, je ne sais pas pourquoi je décide de jouer sécurité avec le fer6 mais je sais que je fais une erreur quand je la vois atterrir en arrière du green à gauche, dans les arbres ! Une provisoire au cas où au fer7, 4m à droite du mât à hauteur, j’ai bien fait de vérifier…
Bien sur je perds le trou, 1 down à nouveau. Et 2 down au sortir du 9 où j’ai l’excellente idée après m’être correctement placé à gauche sur le fairway de faire un push slice au fer6 pour aller dans le lac à droite du fairway alors que Pascal était empêtré dans le bunker après sa mise en jeu.
Ça c’est de la grande stratégie de match play !
Bon si on se faisait un pti par5 de 500m en dog leg gauche et droite ensuite ? Comme ça juste pour rigoler ?
Pascal trouve le fairway trop souple et comme on retrouve facilement les balles, retourne en forêt à droite. J’ai mis un bon coup de bois3 au départ mais prit de remord je le rejoins dans les arbres, on ne laisse pas un copain tout seul dans les embrouilles. Un fer6 pour revenir sur le fairway, un PW pour aller sur le green, deux putts et je reviens 1 down.
On ne joue pas vraiment bien mais ça permet le suspens et le match se joue finalement au petit jeu et sur le green.
Un par4 de 400m en dog truc comme d’habitude. Je pense que l’architecte était un alcoolique, je ne vois pas d’autre raison, le golf est très beau mais il n’y a rien de droit ici… un coup rendu, un gros drive, un gros H4, une approche putt, le par pour revenir all square au 11.
Assez content sur le coup d’être revenu aussi vite de mes bêtises de la fin de l’aller…
Heureusement, un bonheur est souvent de courte durée donc je slice mon H4 au départ de ce par3 de 178m, je sauve le par avec un bon recovery au 60° et un seul putt, on reste square.
Sur le 13, par4 de 380m, c’est long ces trous en hiver même si ça tourne, je fais un gentil hook, enfin un joli draw puisque la balle est toujours sur le fairway, Pascal reste fidèle à sa forêt à droite, beau fer7 sur le green, deux putts, un par, je viens enfin de prendre la tête !
On se retrouve au 14, par5 de 460m, droit, pour une fois mais très étroit. Forcément, avec tous ces dog leg qu’il nous a mis, il n’y avait plus assez de place…
Bon départ, bonne gratte au bois3, fer8 sur le green, deux putts pour le par mais Pascal a décidé de faire un birdie sur ce trou vu qu’il n’a pas voulu aller dans les arbres, nous revoici all square.
Le 15 est le dernier trou où j’ai un coup rendu, par4 de 350m, départ plus jaune que blanc mais certains trous sont étrangement avancés et d’autres non, va comprendre…
Bon dog leg bien sur, bon départ, bon fer9, deux putts avec un dernier qui vient mourir de coté, joli frisson mais je reprends la tête à un moment important puisqu’il ne reste que trois trous.
Oui bonne nouvelle pour vous aussi, l’article est bientôt fini…
Un par3 de 170m, de l’eau au début, du vent en face, mauvais choix de club, une approche au PW (quelle idée !) topée, un 55° pour revenir, un putt, Pascal ne fait pas mieux, je garde l’avantage.
Le trou 17 fait 350m, Pascal retourne dans les arbres, je me dis que si je profite de ce mauvais coup, je boucle le match, je décide donc par goût du suspens de faire une mise en jeu roulée au driver…
Bon rattrapage au 20° qui finit dans un bunker de green 200m plus loin, une sortie avec deux putts quand même mais Pascal est bien revenu, on reste square au trou, on va partir au 18 avec mon trou d’avance.
Zen…
Par4 en descente de 410m, Pascal retrouve son habituel drive forestier du jour, je suis à gauche sur le fairway avec un drive moyen. Pascal se replace et arrive près du green, je slice mon H4, pourquoi pas, je me place sur le green avec le 55°, 4m du trou.
Pascal rate son putt, il va donc putter pour le bogey, j’ai 4m à faire avec le putter en deux coups.
Et je sors le seul trois putts de la journée.
Là maintenant.
Le match en main…
Argh !
Gloups !
Égalité donc au terme de ces 18 trous ensoleillés contre un Pascal moins « dangereux » que sur l’Albatros tout de même il faut le dire mais je n’ai pas su en profiter.
On n’apprend que de ses erreurs dit le sage.
Et je crois que je n’ai pas fini d’apprendre moi…
En tout cas, merci Pascal pour cette belle première partie de golf sous le soleil !
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GOLF APREMONT,
MATCH ET COMPETITION
dimanche 28 février 2010
CACAHOUÈTE…
Pourquoi ce titre ?
Parce qu’on va décortiquer ce soir…
Qu’est ce que je suis drôle le dimanche moi c’est terrible...
Bref.
Le practice a quelques inconvénients que le parcours n’a pas et lycée de Versailles.
Un bon lieu commun pour commencer une réflexion, il n’y a rien de tel !
Un des avantages, parce que j’ai décidé d’avoir une structure de pensée positive, est que l’on apprend à connaître son swing par cœur et qu’on sait petit à petit le fractionner en différentes étapes.
Et ce soir devant vos yeux pas ébahis parce que c’est dimanche et qu’il faut vous concentrer pour la semaine à venir, ce soir donc je vais décortiquer mon swing étape par étape.
Entre ce que je fais, ce je ressens, ce que je crois faire, ce que j’espère qu’il va se passer.
Mais pensée positive tout ça, je vais réaliser un joli coup de driver bien droit dans quelques instants.
Quel suspens n’est ce pas…
Si vous ne dormez pas après ce texte je ferais les wedges et le putter.
Non je rigole, je ne suis pas un sadique non plus.
Quoique…
Mon but est de recueillir vos avis éclairés, avisés voir même professionnels, je prends tout.
Après avoir visualisé la trajectoire, je vais prendre mon stance en alignant en premier lieu ma ligne d’épaule. J’ai découvert cela il y a peu, droitier que je suis, mon épaule droite avait cette tendance à prendre le dessus et aligner mes épaules à gauche de la cible. Donc désormais j’aligne les épaules et ensuite je place mes pieds en tâtonnant un peu jusqu’à trouver une position stable où je me sente à l’aise.
Ça prend à peine un quart d’heure…
Ensuite je vais chercher ma balle et mon tee car j’ai oublié d’écrire que je les avais placés avant et je recommence !
Je regarde une nouvelle fois vers la cible repère, arbre, buisson, drapeau, joueur lent etc.
Et là ça commence.
Première chose le transfert, je vais entamer le BS (backswing) en déplaçant mon poids (86kg quand même) sur ma jambe droite qui est, comme la gauche, légèrement pliée et en tension sur les muscles des cuisses.
Je commence ma rotation des hanches vers la droite (je suis droitier, les gauchers, merci de lire à l’envers) en faisant attention à ce que ma jambe droite, surtout le genou, soit verrouillée, en tension. Mes bras suivent le mouvement, entrainés sans chercher à rattraper le retard, mes poignets tournent et ouvrent la face du club petit à petit vers le ciel, chose que je fais « volontairement » ce qui me parait étrange, il doit y avoir un souci à ce niveau. Le bras gauche reste droit sans être tendu, l’épaule gauche passe sous le menton et cette montée continue jusqu’à ce que je sente que mon poids bascule sur la gauche.
Chose qui n’est possible, je l’ai remarqué il y a peu, uniquement si je ne monte pas à toute vitesse comme un excité mono-neuronal qui voudrait mettre une claque aux oiseaux migrateurs.
Je me suis toujours demandé pourquoi les oiseaux migrateurs volaient si haut, je crois que c’est à cause des golfeurs débutants comme moi.
Donc je suis au bout du BS, jambes toniques, poids sur la jambe gauche, les bras tout là bas à droite en haut, pas trop derrière non plus, j’ai fait attention à ne pas monter trop vite pour ne pas que le club m’entraine dans un overswing aux conséquences fortement désagréable pour ma gorge fragile puisque je serai obligé de hurler « baaaaaalle !!! » une seconde après ce défaut.
Et maintenant quoi qu’on fait ?
Word essaye de transformer mon « fait » en « fasse », aucun humour grammatical ce correcteur…
Et maintenant je confirme mon appuis sur ma jambe gauche, mes hanches entament une rotation vers la gauche qui va rapidement entrainer les bras.
Sauf que ce n’est pas la course là non plus, les bras ne doivent pas gagner à la course contre les hanches au moment de l’impact, enfin la traversée car il ne faut pas taper la balle, juste se dire qu’elle au mauvais endroit au mauvais moment.
Personnellement, je la plains sincèrement d’ailleurs et j’aimerai que l’on ai une pensée affligée et sincère pour toutes ces balles qui en prennent plein la tronche juste pour notre petit plaisir.
Bon, j’ai tourné les poignets au BS, faut pas que j’oublie de faire l’inverse au DS, downswing je veux dire mais vous aviez deviné que je ne faisais pas l’apologie des vieilles citron (non Citroën, pas citron m’sieur Word, il est agaçant celui là ce soir !).
Là encore je me demande s’il n’y a pas quelque chose à corriger, cela devrait être plus naturel cette histoire de poignets.
Autre détail mais capital, ma prise de grip. Je me dois de sentir que je conserve en contact, pendant tout le swing, le pouce droit et l’index de la même main, c’est plus pratique, sinon impossible de faire revenir la tête de club square avec la virulence avec laquelle mes bras sont entrainés. Limite je me le dis « in petto » pendant la routine c’est de l’italien ça veut pas dire que je suis pris de vent avant mon swing…
Pendant la traversée de la balle, je dois me sentir en relâchement au niveau du haut du corps (vous allez cesser de penser au pétomane que je ne suis pas non mais !) et des bras surtout, ne pas être tendu car je cherche instinctivement, immédiatement après l’impact à stopper la course du club.
Sans doute inquiet de le laisser partir dans la tronche d’un partenaire de jeu…
Si j’ai ce relâchement, c’est fête au village, la balle part bien droit, ma tête se relève pour rattraper du regard sa course, je me baisse ensuite pour ramasser mon tee, en général j’ai l’air idiot car je ne le retrouve jamais, ou alors un bout…
Alors ?
Des avis ?
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LE SWING
jeudi 25 février 2010
UN PARCOURS AVEC LE Dr HOUSE…
Parfois, pour jouer au golf, on peut trouver des prétextes plus ou moins valables.
Mais j’avoue que d’aller à faire le Golf International de Grenoble sous couvert d’un rendez vous professionnel, c’était tout de même osé…
J’hésite même à en parler à mon comptable tellement j’ai honte.
Passons donc sous silence cette partie peu glorieuse de mon périple pour aller à l’essentiel, j’ai joué au golf avec le Docteur House !
Comment ça ce n’était pas celui de la télé ?
Bah si, la preuve sa femme s’appelle Cuddie !
Alors, je sais quand même de quoi je parle…
Donc, histoire d’arriver frais et dispo pour faire le parcours qui est juste à 579km de la maison, j’ai fait une petite halte chez « mère » qui vit dans la Drome et qui, à mon arrivée, m’a demandé sournoisement pourquoi j’avais mon sac de golf alors que j’allais travailler.
Je lui ai répondu, sur de moi, que ce n’était pas des clubs de golf mais des stylos nouvelle génération.
Quand je suis parti le lendemain matin, tôt, elle était encore dubitative vu la nouvelle tenue « professionnelle » que j’avais mis pour partir…
Bref…
Rendez vous au golf à 10h, j’arrive à 9h30, Dr House est déjà là, on est deux gars qui, visiblement, n’aimons pas être en retard…
On se salue chaleureusement comme des amis qui ne se sont pas vus depuis 38 ans, je vous laisse imaginer…
Le golf de Bresson est en Isère, on lève la tête et on voit de grands rochers avec du blanc dessus, House, m’explique que ce sont des montagnes avec des stations de ski accrochées dessus, le parisien que je suis boit avec émerveillement ce flot de pédagogie géographique…
Mais bon, nous ne sommes pas là pour nous intéresser aux coutumes neigeuses locales, direction le practice, House, en hôte informé et prévenant, a déjà ramené deux seaux de balles pour l’échauffement.
Lui joue à l’économie, il faut dire qu’il y a quelques mois de cela, il a subi une opération du dos plutôt « contraignante » histoire de faire l’euphémisme du jour, mais la passion du golf reprenant le dessus, le revoilà avec un swing plus doux, moins traumatisant grâce aussi à des clubs tolérants et souples.
Je n’aurai rien su de ce passé de souffrance, j’aurai simplement trouvé qu’il avait trouvé un rythme tonique et compact de fort bonne facture.
Le practice est jonché de repères en tout genre, on joue donc quelques minutes à la pétanque sur les cibles proposées entre 50 et 200m, toute la série de clubs y passe, mon swing tient la route, le sien aussi, en avant !
Montagne implique pente, dévers, montées diversement abruptes, House me conseille de prendre un chariot, j’acquiesce, et à l’heure où j’écris je l’en remercie encore !
Départ jaune, slope 136, SSS 71.7, on va dire que le parcours est challenging pour être poli.
Pour être franc, c’est un superbe parcours de chèvre des montagnes, perfide à souhait !
Nous voila au départ du 1, 30mn plus tôt que l’heure prévue, mais comme le dit House, « nous avons une fenêtre météo favorable, je conseille d’en profiter. »
Tu m’étonnes…
Le 1 est tout plat, histoire qu’on ne se méfie pas pour la suite, par4, 334m, relax.
Départ au bois3 pour tester la confiance, ça se passe bien, fer7 un peu timide ensuite, approche et deux putts sur ce green tout beau et tout roulant, bogey, ça va.
Bon c’est ma première visite ici, je ne retiendrais donc que le positif, promis, je ne cherche pas la performance, golf tourisme aujourd’hui…
Tu parles…
House, qui redécouvre son swing non traumatisant est comme moi, le golf promenade loisir version Pierre de Coubertin, c’est son truc, je le constate à la tête qu’il fait en ratant son approche, le gars est bouddhiste comme moi, on va bien s’entendre…
Nous voila au 2, un bon gros par5 de 422m en montée dans la seconde partie, un lac devant pour commencer, House mesure le bout du lac, 280m.
Bon on va passer à coté alors…
Bon drive, plein fairway, House y est aussi malgré une forte envie de vérifier avant si sa balle flottait.
Un joli coup de 20° un chouillat trop court se plante dans un des bunkers de green, deux coups pour en sortir, les cuvettes ensablées sont légèrement gorgées d’eau ce qui rend les sorties délicates…
Deux putts à suivre après une petite approche supplémentaire, un double bogey. Pas grave, tourisme, bouddhisme tout ça…
House, les pieds dans le sable par empathie sans doute, m’informe toujours dans un souci pédagogique qui l’honore qu’il y a plus de 150 bunkers sur le parcours.
Génial, encore un golf où le budget gazon a été mal géré…
On se retrouve au 3, un par3 de 119m, pervers en îlot. Fer8 mal contacté qui tombe derrière. Bien fait, je n’avais qu’à pas sous clubber. Je rate le lob, je recommence, je fais deux putts ensuite, encore un double…
Le bouddhisme bat son plein, mais l’ambiance étant à la détente, on a 38 ans de souvenirs à se raconter, les ratés sont donc vite oubliés.
On passe au 4, un par4 plat de 314m, sans grande difficulté, on se force donc à s’en mettre histoire de rendre le trou intéressant, moi à gauche, House à droite, on se salue en espérant se revoir bientôt. On se retrouve après un bogey pour aller au 5, un par 4 de 380m, plat encore.
Parait-il qu’ensuite ça change et qu’il vaudrait mieux que je profite du plaisir de marcher sans peine.
En confiance, je drive un peu après le piquet des 135m sur le fairway, la confiance est au mieux. House mesure la distance au drapeau, 150m, fer7, 2m derrière le mat, 2putts ensuite et voila le premier par.
Voila que je fais en hiver les longueurs de l’été dernier !
Pas évident de m’étalonner si j’augmente après chaque séance de travail stakhanoviste…
Le premier tiers du parcours se termine avec le 6, les choses sérieuses, du moins en pente, commencent.
Par4, 244m, lis-je les yeux sur la carte. Tranquille ça.
Je lève les yeux et le mot tranquille ne fait soudain plus partie de mon vocabulaire.
Fairway en double plateau, drapeau en haut, très en haut, il y a au moins 30m à grimper.
La forêt à droite, quelques uns des 150 bunkers à gauche.
Cool.
Même pas peur, confiance totale, je prends le drive. On voit la balle filer comme un boulet vers le deuxième plateau, passer à ras du fairway et disparaître en direction du green, du moins le suppose t’on pour ne pas dire l’espère-je…
House décide d’aller vers les bunkers, à force de vivre à la montagne, la plage doit lui manquer sans doute.
Nous nous dirigeons donc vers le creux, la balle est cachée à l’intérieur d’une saignée profonde et longue, en fait il y a trois saignées qui partent du même point et s’écartent.
On s’écarte aussi pour observer l’ensemble. On dirait une trace.
J’ai déjà vu ça dans un film…
Oui !
Le monde perdu.
C’est une empreinte de tyrannosaure.
Une seule…
Il y a donc un tyrannosaure unijambiste en Isère qui joue au golf et ne ratisse pas les bunkers.
Nous v’là bien !
On ne s’inquiète pas plus que ça, s’il joue c’est qu’il a la carte verte, il devrait être donc respectueux de l’étiquette…
Mais bon, on ratisse dans les bunkers et on relève ses pitchs tout de même !
Je préviendrais à l’accueil au retour, faut pas abuser non plus.
En plus ils doivent le connaître, un tyrannosaure unijambiste, ça ne passe pas inaperçu quand même.
Bref.
Ma balle est 10m devant le green, ravi je suis, approche 2 putts pour le deuxième par du parcours, direction le 7 !
Le 7 est un par5 de 405m en dog leg droit avec une vue splendide sur les gros cailloux blancs, un régal…
Drive à droite, je m’interroge, choix sage, replacement fer9 puis 60° qui tombe derrière en bordure de green, putt d’approche, je rate le putt de retour, bogey. House, studieux continue son travail de sortie de bunker mais s’en sort très bien ensuite.
On cherche le 8, il est par là, non par là, ah oui par ici.
Un par3 de 126m, ce coup ci je sors le fer9, sur le green, deux putts (c’est moi où je passe mon temps à écrire deux putts ?) un nouveau par, je prends avec plaisir, pareil pour le Doc.
On termine l’aller avec le par5 touristique, second coup avec vue sur la ville de Grenoble, je pose pour la photo et part ensuite trop à droite, un mauvais lob dans le fairway très gras, un second meilleur mais ce sera un bogey. House continue à rechercher le Tyrannosaure à la trace mais il n’est pas passé par ce bunker là…
Le retour commence avec un petit par4 en aveugle de 283m en dog leg prononcé à droite. Départ au 20°, trop long, je dépasse le fairway, satané étalonnage évolutif… House s’est mieux placé, je m’en sors avec le par suite à une bonne approche putt.
En avant pour le 11, le trou de la discorde amicale.
Pendant tout le trajet, House, pensant bien faire me dépeint la dangerosité de ce par3 en descente, du moins semble t’il…
Effectivement, arrivé sur place, 150m qui en paraissent, 130 ou 160m suivant la façon dont on le regarde, ça déroute un peu… entre l’observation inquiète et les mises en garde préalables, je rate totalement par manque de confiance dans le choix du club et du swing…une belle croix bien méritée, House ne s’est pas fait avoir, il finit et je relève, je compte +4, tant pis.
C’est un défaut, peut être, mais je déteste être mis en garde sur les pièges d’un trou, j’ai un besoin absolu de ne pas regarder les pièges mais juste l’endroit où je veux poser la balle. Allez, pas grave, direction le 12, par 4 de 298m en montée. Drive un peu à gauche, PW derrière le green, habituel, deux putts, habituel aussi et un par qui me rassure après la croix ridicule.
En avant pour le 13, par5 en aveugle, en dog leg, en descente, la totale.
Départ moyen, 20° moyen, me voici très en contrebas à 60m du green, le 55° gratte lamentablement, la balle redescend plus bas que son point de départ, grattage de nouveau, je prends le 60°, rien à faire, je n’ai toujours pas compris que je n’étais pas tonique sur les cuisses, un bon gros triple bogey pour finir.
+7 sur deux trous ça agace un peu si jamais on est compétiteur dans l’âme mais comme je l’ai précisé au début, House et moi ne sommes pas de ce bois là, on est des touristes du golf sans objectif déterminé bien entendu, les ratés ne nous font ni chaud…ni chaud…
En avant pour le 14, par 4 de 380m avec drapeau invisible, planqué derrière une colline et sur une butte en plus.
Drive moyen, fer7 raté qui tombe dans la forêt à droite en avant du green, position plus que délicate, je prends le H4 pour un coup « bricolage », en golf on dit recovery quand on est bien élevé…
Le recovery sera une balle punchée qui va prendre la pente et rouler sur le green, j’oscille entre chance et réussite, j’opte pour « elle est sur le green, y’a que ça qui compte », cela finit en bogey, je prends en silence, mais je prends quand même.
Un par3 de 143m plat à suivre, ça fait du bien, ça repose ! Je prends le fer8 ce coup ci, un peu topée et rebond favorable sur la gauche du green, plus que favorable même puisque la balle roule gentiment vers le drapeau, passe pas loin et stoppe à 2m. House a plus de classe, superbe coup de fer avec une balle qui sort du club sans bruit, pitche le green, le spin la fait revenir sur le drapeau à moins de 4m. Par pour moi, bogey pour le Doc mais il l’avait annoncé, je fais une révérence respectueuse sur ses qualités visionnaires et anticipatrices.
Le trio final débute avec un par5 de 427m, un drive moyen qui revient sur le fairway grâce à un rebond favorable, 15 ans de billard, j’ai de beaux restes. Il reste encore du chemin mais un peu en descente. Un bon coup de 20° me place à 10m devant le green, approche au 55° qui stoppe à 20cm du drapeau, je rentre le birdie avec une vraie joie d’enfant tout fier, papa House me félicite.
Le 17 est un par4 de 295m étriqué pour le pas dire étroit, la forêt à gauche, la forêt à droite, un petit plateau à 200m pour poser le coup de départ. 20° qui file à gauche, je joue une balle provisoire. House toujours en empathie me rejoint à gauche et envoie son second dans…le bunker de green…je retrouve ma première balle mais j’ai des arbres à passer et un peu de chemin à faire, je prends le fer9 et de nouveau un coup bien exécuté, ma balle tombe sur le green à 3m du mat, je finis sur un par.
House s’approche de sa balle, sa chasse méticuleuse n’aura pas été vaine, on retrouve une nouvelle empreinte du tyrannosaure unijambiste et non ratissant.
La fenêtre météo annoncée se referme au sortir du 17, à l’adresse au 18, nous sommes douchés.
Mais nous finirons tout de même car ce trou est une splendeur.
Un par4 de 399m en dog leg gauche et en descente plus que prononcée.
Depuis le temps qu’on grimpait aussi…
Un lac qui bloque l’envie de couper la route imposée par l’architecte. Mon drive fonce dans la forêt en face, le dénivelé était plus important que prévu. Un coup de wedge pour se replacer, un H4 sous une pluie forte et fraiche qui finit à droite, un wedge pour revenir sur le green, deux putts, un double bogey pour finir.
On se sert la main avec énergie et amitié, sous une pluie battante au sortir d’un parcours qui lui aussi, nous a battu.
On dit que l’on apprend plus sur un homme le temps d’un parcours de golf que pendant 5 ans passés à ses cotés dans un bureau.
J’ai appris à connaître le Dr House pendant ces quelques heures en Isère et la seule chose que je peux dire désormais, c’est que j’ai hâte de refaire un parcours avec un ami combattif et courageux !
Et je ne vous parle même pas de la tarte aux pommes de Cuddie ce serait sadique pour les absents…
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